AI Act et auteurs: ce qui change vraiment depuis le 2 août 2026
Le 2 août 2026, la partie du règlement européen sur l'intelligence artificielle qui concerne le plus directement celles et ceux qui écrivent est devenue applicable: les obligations de transparence sur les contenus produits avec l'IA. Dans les semaines qui ont précédé, la confusion est allée dans deux directions opposées. Certains en ont conclu que tout roman écrit avec l'aide d'un assistant devait désormais porter une mention. D'autres ont lu les reports décidés en juillet et en ont déduit que rien n'avait changé. Aucune des deux lectures ne tient.
Cet article remet les choses en ordre: ce qui s'applique, ce qui a été repoussé, et surtout où passe la frontière entre le texte qu'il faut déclarer et celui qu'il ne faut pas déclarer. Ce n'est pas un conseil juridique et nous ne sommes pas juristes: c'est une reconstitution à partir des sources officielles, avec les liens pour vérifier chaque point.
Ce que tu trouveras dans cet article
Ce qui est entré en application le 2 août 2026 et ce que le Digital Omnibus a repoussé
Quand une personne qui écrit devient "déployeur" au sens du règlement, et quand elle reste en dehors
Pourquoi la fiction échappe, dans la quasi totalité des cas, à l'obligation d'étiquetage du texte
Les cas où l'obligation s'applique vraiment, et l'exemption qui la neutralise presque toujours
Ce qui se passe si la couverture du livre a été générée par IA
Les sanctions prévues (jusqu'à 15 millions d'euros ou 3% du chiffre d'affaires) et qui les applique
Quoi de neuf depuis le 2 août 2026 ?
Depuis le 2 août 2026, l'article 50 de l'AI Act s'applique. Il impose des obligations de transparence aux fournisseurs et aux déployeurs de certains systèmes d'IA, et les autorités nationales de surveillance du marché peuvent le faire respecter (Commission européenne, FAQ sur les obligations de transparence au titre de l'article 50, consultée le 2026-08-17). Ces obligations ne visent pas seulement les systèmes classés à haut risque: elles s'appliquent à tout système utilisé dans l'une des quatre situations couvertes par l'article.
Une seule de ces situations concerne directement l'écriture: la publication d'un texte généré ou manipulé avec l'IA. Les trois autres visent les agents conversationnels (l'utilisateur doit savoir qu'il parle à une machine), la reconnaissance des émotions et les deepfakes d'images, de sons et de vidéos.
Le point que presque tout le monde saute: l'article 50 ne dit pas "tout texte écrit avec l'IA doit être étiqueté". Il dit quelque chose de beaucoup plus étroit, et l'écart entre ces deux formulations décide si le règlement te concerne ou non. Nous y venons dans deux sections.
Ce qui a été repoussé, et pourquoi cela ne touche pas la transparence
Le report dont on a parlé en juillet existe, mais il porte sur une autre partie du texte. Le paquet appelé Digital Omnibus, soit le règlement (UE) 2026/1744, a été publié au Journal officiel de l'Union européenne le 24 juillet 2026 et est entré en vigueur le 27 juillet 2026 (K&L Gates, EU Digital Omnibus on AI Enters Into Force, consulté le 2026-08-17), décalant les échéances pour les systèmes à haut risque: au 2 décembre 2027 pour les systèmes autonomes de l'annexe III, et au 2 août 2028 pour l'IA intégrée à des produits déjà réglementés par l'annexe I (Gibson Dunn, EU AI Act Omnibus Agreement, consulté le 2026-08-17).
Les obligations de transparence, elles, n'ont pas été repoussées. Elles s'appliquent depuis le 2 août 2026, avec les pouvoirs de contrôle des autorités nationales.
Une seule exception, et elle est technique: l'obligation de marquage lisible par machine prévue à l'article 50(2), qui impose aux fournisseurs de systèmes comme les grands modèles génératifs de rendre leurs sorties détectables automatiquement, a été reportée au 2 décembre 2026 pour les systèmes déjà sur le marché avant le 2 août 2026 (Commission européenne, FAQ article 50, consultée le 2026-08-17). Cette obligation pèse sur ceux qui construisent les modèles, pas sur ceux qui les utilisent pour écrire.
Concrètement: si tu écris, les reports de juillet ne te concernent ni dans un sens ni dans l'autre. Ce qui s'applique à toi s'applique depuis août.
Une personne qui écrit compte comme "déployeur" au sens de l'AI Act ?

Tout dépend d'un seul critère: écris tu à titre professionnel ou non. Une personne qui utilise un assistant IA à des fins personnelles et non professionnelles est exclue de la définition de déployeur, tandis que celle qui exerce une activité d'entreprise, commerciale, professionnelle ou libérale, ou qui en tire un bénéfice économique de façon régulière, entre pleinement dans le champ des obligations (Commission européenne, FAQ article 50, consultée le 2026-08-17).
Traduit pour l'écriture: le roman dans le tiroir, les pages de journal intime, la nouvelle partagée dans un atelier d'écriture restent en dehors. Le livre mis en vente, le blog qui rapporte, l'article écrit sur commande entrent dans le périmètre professionnel, même quand les revenus sont modestes et même sans statut déclaré.
Attention à ne pas confondre deux rôles. Le fournisseur développe et met à disposition le système, et porte des obligations techniques de marquage de ses sorties. Celui qui écrit est au mieux un déployeur, c'est à dire un utilisateur du système, et au titre de l'article 50 ses obligations portent sur l'information donnée au lecteur (EU Artificial Intelligence Act, guide pratique de l'article 50, consulté le 2026-08-17).
Une obligation supplémentaire existe pourtant depuis plus longtemps et passe facilement inaperçue: l'article 4 impose à quiconque utilise des systèmes d'IA dans le cadre de son activité professionnelle de garantir un niveau suffisant de maîtrise de l'IA aux personnes qui les utilisent pour son compte, et il s'applique depuis le 2 février 2025 sans seuil de taille, donc jusqu'au travailleur indépendant seul (EU Artificial Intelligence Act, article 4 sur la maîtrise de l'IA, consulté le 2026-08-17). Aucune formation obligatoire, aucune certification: le texte demande des mesures proportionnées au contexte. Pour qui écrit seul, cela revient à savoir réellement ce que l'outil fait bien et où il se trompe.
À noter: cette distinction désamorce une bonne part de l'inquiétude qui a circulé chez les auteurs. Aucune obligation de filigrane, aucun fichier à certifier, aucun enregistrement auprès d'une autorité. Pour un auteur, tout se ramène à une seule question: je dois le dire au lecteur, oui ou non ?
Un roman écrit avec l'IA doit être déclaré ?
Dans la quasi totalité des cas, non, et la raison tient à la lettre du texte. L'obligation d'étiquetage prévue à l'article 50(4) vise ceux qui publient un texte généré ou manipulé avec l'IA "dans le but d'informer le public sur des questions d'intérêt public", et la Commission cite des domaines comme la politique, l'administration publique, la justice, les droits fondamentaux, la sécurité publique, la santé, l'environnement et la sécurité des consommateurs (Commission européenne, FAQ article 50, consultée le 2026-08-17).
Un roman n'informe pas le public sur des questions d'intérêt public: il raconte une histoire. Il en va de même pour une nouvelle, un recueil de poèmes, un scénario. Le critère n'est pas le sujet traité mais la finalité affichée de la publication: un thriller situé dans un hôpital ne devient pas de l'information sanitaire parce qu'il met en scène des médecins.
Cela ne veut pas dire que la fiction écrite avec l'IA soit sans conséquences. Cela veut dire que les conséquences viennent d'ailleurs, pas du règlement européen: les conditions des plateformes d'autoédition, qui demandent déjà une déclaration au moment du dépôt, et les règles de droit d'auteur, qui obéissent à une logique tout autre. Nous avons abordé ce sujet ici et ici.
Dans quels cas l'obligation s'applique vraiment ?
Elle s'applique quand tu publies un texte généré par IA pour informer le public sur l'un des sujets d'intérêt public cités plus haut. Cela vise une partie de l'essai pratique, des articles d'actualité, des blogs qui traitent de santé, d'environnement, de droits ou de politique. Un guide sur l'alimentation publié en autoédition entre beaucoup plus facilement dans le champ qu'un roman de quatre cents pages.
Mais arrive ici l'exemption qui, en pratique, change presque tout. L'obligation de déclaration ne s'applique pas lorsque le contenu a fait l'objet d'un processus de relecture humaine ou de contrôle éditorial et qu'une personne physique ou morale assume la responsabilité éditoriale de la publication (Commission européenne, FAQ article 50, consultée le 2026-08-17).
La relecture doit toutefois être substantielle. Les lignes directrices de la Commission définissent la relecture humaine comme un examen délibéré de la substance du contenu par une ou plusieurs personnes disposant des connaissances pertinentes, et précisent que les vérifications superficielles, purement formelles ou procédurales, comme une correction orthographique, ne suffisent pas (Commission européenne, lignes directrices sur les obligations de transparence, consultées le 2026-08-17).
Ce que cela donne dans le travail réel: si tu as demandé un brouillon à un assistant, que tu l'as réécrit, vérifié dans les faits et signé, la condition est déjà remplie. Si tu as copié la sortie telle quelle, survolé le résultat et publié sur un blog santé, non. La ligne ne sépare pas ceux qui utilisent l'IA de ceux qui ne l'utilisent pas: elle sépare ceux qui assument ce qu'ils publient de ceux qui délèguent cette responsabilité à la machine.
Et si la couverture a été générée par IA ?

Les images suivent une règle différente et plus sévère, celle des deepfakes, et l'intuition égare ici. La définition de l'article 3(60) vise les contenus générés ou manipulés qui ressemblent à des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants et qui paraîtraient authentiques à qui les regarde (EU Artificial Intelligence Act, article 3, définition 60, consulté le 2026-08-17).
Tout se joue sur le sens du mot "existants". Les lignes directrices définitives de la Commission le lisent largement: le sujet simulé doit seulement ressembler à quelqu'un ou quelque chose qui pourrait exister, ou qui aurait pu exister, sans qu'une personne identifiable soit en cause. Le portrait photoréaliste d'une personne inventée entre donc dans la définition du deepfake, tandis qu'en sortent les scènes qui défient les lois de la nature ou de la biologie, comme des humains volants, des dragons ou des éléphants au volant (Greenberg Traurig, analyse des lignes directrices de la Commission sur l'article 50, consultée le 2026-08-17).
Traduit en couvertures: la ligne ne sépare pas les personnes réelles des personnes inventées, mais le photoréalisme plausible de l'image ouvertement stylisée ou impossible. Une couverture illustrée, un dessin, une scène fantastique restent dehors. Un visage photoréaliste généré, même de quelqu'un qui n'a jamais existé, et un paysage photographique plausible entrent dedans. C'est exactement l'inverse de ce qu'imaginent la plupart des auteurs.
Deux précisions des lignes directrices qui comptent en pratique: l'appréciation est indépendante de l'intention, l'absence de volonté de tromper n'écarte donc pas l'obligation, et il faut tenir compte de l'exposition prévisible d'un public moins familier du numérique, pas seulement du lecteur idéal.
Même lorsque l'obligation s'applique, le règlement l'atténue pour les œuvres manifestement artistiques. Le texte exact de l'article 50, paragraphe 4, du règlement (UE) 2024/1689 mérite d'être lu mot à mot, car chaque terme compte:
"Lorsque le contenu fait partie d'une œuvre ou d'un programme manifestement artistique, créatif, satirique, fictif ou analogue, les obligations de transparence énoncées au présent paragraphe se limitent à la divulgation de l'existence de tels contenus générés ou manipulés d'une manière appropriée qui n'entrave pas l'affichage ou la jouissance de l'œuvre."
(texte officiel du règlement (UE) 2024/1689, version française sur EUR-Lex, consulté le 2026-08-17).
Note le verbe: les obligations "se limitent à", elles ne disparaissent pas. Ce n'est pas une exemption, c'est une autre façon de s'y conformer. Le code de conduite traduit ce "manière appropriée" en options concrètes: notes d'accompagnement, crédits, matériel d'exposition. Pour un livre, cela signifie que personne n'attend un bandeau sur la couverture, et que l'ours ou la page de crédits est l'emplacement naturel.
Deux contraintes se perdent facilement de vue. La première tient au moment: la mention doit parvenir au lecteur au plus tard lors de la première exposition au contenu, de façon claire et distinguable, si bien qu'une note en début d'ouvrage tient bien mieux qu'une ligne en fin de volume. La seconde tient au périmètre: les lignes directrices définitives interprètent de façon restrictive les catégories bénéficiant du régime allégé, et les contenus de nature exclusivement informative ou commerciale en sont exclus (Stibbe, Deep Fakes, Real Transparency, consulté le 2026-08-17).
La zone grise à connaître: une couverture fait partie de l'œuvre, mais elle remplit aussi une fonction commerciale évidente, et c'est exactement le type de contenu hybride pour lequel le régime allégé n'a rien d'acquis. Si ta couverture est photoréaliste et générée, le choix prudent est de le mentionner dans les crédits dès le début du livre, sans compter sur l'atténuation.
Quelles sanctions, et qui les applique ?
Le non respect des obligations de transparence de l'article 50 relève de l'article 99, paragraphe 4, point g), qui prévoit des amendes administratives pouvant atteindre 15 millions d'euros ou, lorsque l'auteur de l'infraction est une entreprise, 3% du chiffre d'affaires annuel mondial de l'exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu (EU Artificial Intelligence Act, article 99 sur les sanctions, consulté le 2026-08-17). Le paragraphe 6 du même article inverse le critère pour les PME, jeunes pousses comprises: c'est alors le montant le plus faible qui s'applique.
Ce sont des chiffres pensés pour les grandes plateformes, pas pour l'auteur qui publie son propre essai. Les autorités nationales de surveillance du marché sont chargées de les appliquer, sur signalement ou dans le cadre de leur activité de contrôle, et non par une surveillance automatique de chaque texte publié en ligne.
Le tableau réel est pourtant plus décousu que ne le laisse croire le texte, et presque personne ne le dit. L'article 99 laisse aux États membres le soin de fixer le régime de sanctions et de le notifier à la Commission, avec une échéance au 2 août 2025, mais la mise en œuvre nationale a pris un retard généralisé. L'indicateur le plus net dont on dispose porte sur la désignation des autorités: en mars 2026, seuls huit des vingt sept États membres avaient notifié un point de contact unique (Service de recherche du Parlement européen, Enforcement of the AI Act, consulté le 2026-08-17).
L'Italie illustre le schéma de façon documentée. La loi 132/2025 y a désigné l'agence nationale de cybersécurité comme autorité de surveillance du marché et l'agence pour le numérique comme autorité notifiante, mais les décrets délégués complétant le dispositif de sanctions n'étaient toujours pas définitifs début août 2026, la délégation courant jusqu'au 10 octobre 2026 (Studio Legale Celotti, AI Act 2 agosto 2026, consulté le 2026-08-17).
N'en tire pas la mauvaise conclusion. Les obligations s'appliquent depuis le 2 août 2026 quoi qu'il en soit, et les pouvoirs correctifs et injonctifs des autorités restent disponibles pendant que les régimes nationaux se complètent. Le retard porte sur la machine à sanctionner, pas sur l'entrée en vigueur de la règle: attendre revient simplement à avoir publié entre temps des contenus non conformes.
Il existe aussi un instrument volontaire. Le code de conduite sur la transparence des contenus générés par IA a été finalisé le 10 juin 2026 et comptait fin juillet 2026 environ 190 entreprises et organisations signataires; la Commission l'a reconnu comme un outil volontaire adéquat pour démontrer la conformité, et a publié un jeu d'icônes standard pour l'étiquetage (Commission européenne, Code of Practice on Transparency of AI-generated Content, consulté le 2026-08-17).
Que faire maintenant, concrètement
Pour celles et ceux qui écrivent, la liste est courte:
Détermine si ton travail est professionnel. Si tu vends ou si tu tires des revenus réguliers de ton écriture, tu es déployeur. Si tu écris pour toi, non.
Sépare la fiction de l'écrit d'intérêt public. La première échappe presque toujours à l'obligation d'étiquetage du texte, le second s'apprécie sujet par sujet.
Rends la relecture réelle. Si tu publies sur des sujets d'intérêt public à partir d'un brouillon généré, vérifie les faits et réécris. C'est l'exemption prévue par le règlement, et elle mérite d'être documentée en interne.
Vérifie les images, pas seulement le texte. Pour un livre, le cas délicat est le photoréalisme en tant que tel, y compris pour des personnes et des lieux inventés. Une couverture illustrée ou stylisée reste dehors.
Garde un œil sur le 2 décembre 2026. C'est la date d'expiration du report sur le marquage automatique des sorties. À partir de là, les contenus générés deviennent détectables automatiquement par les systèmes qui les analysent, ce qui change le contexte pratique même pour qui n'a aucune obligation directe.
Ne confonds pas l'AI Act et les règles des plateformes. Les déclarations demandées au dépôt d'un livre existaient avant et restent en vigueur indépendamment: elles relèvent de politiques commerciales, pas du droit européen.
Questions fréquentes
Je dois ajouter une mention à mon roman si j'ai utilisé l'IA pour corriger le texte ?
Non, et pour deux raisons indépendantes. D'abord, l'obligation de l'article 50(4) vise le texte publié pour informer le public sur des questions d'intérêt public, et un roman n'entre pas dans cette catégorie. Ensuite, le règlement parle de texte généré "ou manipulé", et une intervention technique mineure comme une correction orthographique n'atteint pas ce seuil. N'étends pas trop le raisonnement pour autant: une réécriture substantielle confiée au modèle est autre chose, et sur un texte d'intérêt public elle mériterait un examen.
L'AI Act s'applique t il si je publie depuis hors d'Europe mais que je vends en Europe ?
Oui. L'article 2, paragraphe 1, point c), étend le règlement aux fournisseurs et déployeurs établis dans un pays tiers lorsque les sorties produites par le système d'IA sont utilisées dans l'Union (EU Artificial Intelligence Act, article 2 sur le champ d'application, consulté le 2026-08-17). Ce qui compte est l'endroit où aboutit le résultat, pas celui où se trouve l'auteur.
Si je tiens un blog gratuit sans en tirer de revenus, suis je concerné ?
Probablement pas. Celui qui utilise un système d'IA dans le cadre d'une activité personnelle et non professionnelle est exclu de la définition de déployeur. Un détail qui échappe souvent: c'est l'activité qui compte, pas le prix. Un blog sans abonnement ni publicité, mais qui promeut ton activité professionnelle, reste dans le périmètre.
Qu'apporte la date du 2 décembre 2026 ?
Le report accordé aux fournisseurs de systèmes génératifs déjà sur le marché pour le marquage lisible par machine, prévu à l'article 50(2), expire. Cela concerne ceux qui développent les modèles, pas ceux qui les utilisent, mais à partir de cette date les textes générés deviennent plus faciles à détecter automatiquement.
Mon éditeur assume t il la responsabilité éditoriale à ma place ?
S'il existe un processus de relecture substantiel et un responsable de la publication, l'exemption prévue par le règlement joue. C'est exactement le fonctionnement de l'édition traditionnelle. En autoédition, tu occupes les deux rôles: la responsabilité éditoriale est donc la tienne.
La relecture éditoriale couvre t elle aussi les images générées ?
Non, et c'est le piège le plus redoutable de l'article 50. L'exemption pour relecture humaine et responsabilité éditoriale figure dans l'alinéa consacré au texte d'intérêt public: pour les deepfakes, aucune clause équivalente n'existe (Kulturigo, analyse de l'obligation d'étiquetage de l'article 50, consultée le 2026-08-17). Tu peux relire et signer un article autant que tu veux: si la couverture est une image photoréaliste générée, elle doit tout de même être déclarée, même sous la forme allégée prévue pour les œuvres artistiques.
En résumé
Le 2 août 2026 a changé moins de choses qu'on ne le craignait pour la fiction, et davantage qu'on ne le croit pour l'écrit de vulgarisation sur des sujets sensibles. Pour le texte, la ligne de partage ne sépare pas ceux qui utilisent l'intelligence artificielle de ceux qui s'en passent, mais le texte qui informe le public du texte qui raconte une histoire, puis, à l'intérieur du premier groupe, ceux qui relisent et signent vraiment ce qu'ils publient de ceux qui se contentent de transmettre une sortie.
Deux points valent cependant pour tout le monde, romanciers compris. Les images obéissent à leur propre règle: si une couverture photoréaliste est générée ou manipulée, la relecture éditoriale n'exempte de rien, et la mention reste due, même sous la forme atténuée prévue pour les œuvres artistiques. Et l'article 4 sur la maîtrise de l'IA lie depuis le 2 février 2025 quiconque utilise ces outils dans le cadre de son activité professionnelle, quel que soit le genre qu'il écrit.
La prochaine date à noter est le 2 décembre 2026. Elle n'apporte aucune obligation directe nouvelle pour l'écriture, mais elle déplace le décor: le report du marquage lisible par machine arrive à échéance, donc les contenus produits par les systèmes déjà sur le marché deviennent détectables par les machines qui les analysent, et la transparence assumée volontairement vaudra plus qu'aujourd'hui.
Pour prolonger sur la rencontre entre intelligence artificielle et édition, voir également ici et ici.
SOURCES
Toutes les sources ont été consultées et vérifiées le 2026-08-17.
Commission européenne, Transparency obligations under Article 50 of the AI Act (FAQ officielle), https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/faqs/transparency-obligations-under-article-50-ai-act
Commission européenne, Guidelines on transparency obligations for providers and deployers of AI systems, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/guidelines-transparency-obligations-providers-and-deployers-ai-systems
Commission européenne, Code of Practice on Transparency of AI-generated Content, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/code-practice-ai-generated-content
EU Artificial Intelligence Act, The EU AI Act's Transparency Rules: A Practical Guide to Article 50, https://artificialintelligenceact.eu/transparency-rules-article-50/
EU Artificial Intelligence Act, Article 2: Scope, https://artificialintelligenceact.eu/article/2/
Kulturigo, KI-Kennzeichnungspflicht seit August 2026: warum redaktionelle Kontrolle nur bei Texten befreit, https://www.kulturigo.de/ki-kennzeichnungspflicht-seit-august-2026-wen-artikel-50-der-ki-verordnung-trifft-und-warum-redaktionelle-kontrolle-nur-bei-texten-befreit-2265767.html
EU Artificial Intelligence Act, Article 3: Definitions (definizione 60, deepfake), https://artificialintelligenceact.eu/article/3/
Service de recherche du Parlement européen (EPRS), Enforcement of the AI Act, https://epthinktank.eu/2026/03/18/enforcement-of-the-ai-act/
Studio Legale Celotti, AI Act 2 agosto 2026: cosa è vero e cosa no, https://www.studiolegale.celotti.net/ai-act-2-agosto-2026-cosa-e-vero-cosa-no/
Stibbe, Deep Fakes, Real Transparency: Labelling Deep Fakes and AI-Generated Public-Interest Text, https://www.stibbe.com/publications-and-insights/deep-fakes-real-transparency-labelling-deep-fakes-and-ai-generated-public
Greenberg Traurig, Deepfakes, Chatbots, AI-Generated Text: European Commission Details Transparency Obligations Under the AI Act, https://www.gtlaw.com/en/insights/2026/6/deepfakes-chatbots-ai-generated-text-european-commission-details-transparency-obligations-under-the-ai-act
EU Artificial Intelligence Act, Article 4: AI Literacy, https://artificialintelligenceact.eu/article/4/
EU Artificial Intelligence Act, Article 99: Penalties, https://artificialintelligenceact.eu/article/99/
Gibson Dunn, EU AI Act Omnibus Agreement: Postponed High-Risk Deadlines and Other Key Changes, https://www.gibsondunn.com/eu-ai-act-omnibus-agreement-postponed-high-risk-deadlines-and-other-key-changes/
K&L Gates, EU Digital Omnibus on AI Enters Into Force, https://www.klgates.com/EU-Digital-Omnibus-on-AI-Enters-Into-Force-7-31-2026
Note importante. Nous ne sommes pas juristes. Ce que tu viens de lire est notre lecture des sources énumérées plus haut, toutes en lien justement pour que tu puisses les vérifier une par une. Sur plusieurs points, c'est une interprétation: le texte est récent, les lignes directrices de la Commission laissent une marge d'appréciation, et sur certains cas limites il n'existe encore ni pratique établie ni décision faisant référence. Cet article a donc une finalité purement informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute décision qui concerne ta situation, notamment les essais portant sur la santé, le droit ou l'environnement, consulte ton avocat, de préférence spécialisé en droit du numérique.
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